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Méditations d'un canard égoïste

Rencontre avec Phicil


La BD Zen, méditations d’un canard égoïste dépeint avec justesse et humour une retraite zen (sesshin) avec un accent de vérité indéniable et pour cause….

Entretien avec l'auteur, suivi de quelques extraits de sa bande dessinée.


Sagesses Bouddhistes : Comment est né ce projet ?

Phicil : En tant que scénariste de bande dessinée, chaque situation que je rencontre est potentiellement une matière première pour un scénario. C’est un réflexe. Lorsque j’ai commencé à participer à des retraites d’été et aux sesshins j’ai commencé à prendre des notes pour monter ce projet au fur et à mesure des idées que j’avais. Après plusieurs retraites d’été auprès de mon enseignant Jiun Éric Rommeluère au Mans, j’ai essayé de rassembler mes idées qui venaient de mes expériences, de mes rencontres, des différentes postures que j’avais essayées en méditation. En effet, mon gros problème était plus celui de la posture que l’agitation du mental ! Par manque de souplesse, j’ai d’abord essayé l’assise birmane durant des années. En 2012, mon frère m’a fabriqué un banc un peu plus haut que les bancs shoggi du commerce. Il m’a servi pendant toute une retraite et j’ai vraiment pu apprécier cette petite hauteur supplémentaire qui me permettait de glisser un petit coussin sous les tibias pour libérer la pression et l’appui douloureux sur les genoux. Mais je tiens à préciser, comme le souligne mon enseignant dans son ouvrage S’asseoir tout simplement, que cette position (qui offre une bonne position du dos) est moins stable que le Lotus ou le demi-Lotus.


Pourquoi vos personnages sont-ils des animaux ?

J’aime vraiment l’anthropomorphisme parce qu’il permet de faire des caricatures d’humains, tout en restant assez doux. En France, Jean de La Fontaine (1621-1695) avec ses fables et Jean-Jacques Grandville (1803-1847) dans ses dessins ont beaucoup utilisé l’anthropomorphisme pour se moquer des travers humains, de la classe bourgeoise. Pour la BD, les Américains ont également utilisé des personnages anthropomorphes comme Mickey, créé par Ub Iwerks. On retrouve même des illustrations japonaises du xiie siècle comme le Chōjū-giga, attribué au moine bouddhiste Toba Sojo, qui utilisent ce système. L’illustrateur Christian Gaudin a aussi réalisé des albums utilisant des chats pour représenter des humains méditant, notamment dans Vrai Zen pour chats. J’aime cet univers. J’ai réalisé 4 albums racontant l’histoire de Georges Rainette alias Georges Frog, un étudiant en jazz qui essaye de vivre de sa musique dans l’Amérique des années 30. Tous les protagonistes de l’histoire étaient des animaux. Pareillement dans Zen, méditations d’un canard égoïste, le canard, l’âne, le saint-bernard, le cochon, le chat, le buffle sont inspirés des différents participants aux sesshins d’été que j’ai pratiquées au Moulin de Vaux avec Éric Rommeluère. Ces personnages sont pour la moitié de véritables participants aux sesshins que j’ai pu faire et pour d’autres des mélanges.


Dans le dojo, la BD montre des méditants librement habillés et qui ne portent pas l’habit traditionnel du zen Soto. Pourquoi ?

J’ai commencé à pratiquer le zen avec Eric Rommeluère dans la tradition Soto et j’ai découvert avec lui une forme de zen dépouillée de tout folklore et aspects japonisants : pas de kolomo mais juste des vêtements sombres pour ne pas gêner visuellement le kinhin (la marche méditative), pas de sutras récités en japonais ancien que je ne comprenais pas. Pour ma part cela me convenait tout à fait car j’étais juste intéressé par la méditation et la philosophie bouddhiste. Je n’étais pas à la recherche de quelque chose d’oriental.






Cet article est paru dans Sagesses Bouddhistes n°1 (Hiver 2016)


 

Philippe Gillot, alias Phicil, est un auteur de bande dessinée et un illustrateur jeunesse. Habitant et originaire de la banlieue Sud de Paris, formé aux arts plastiques, Phicil a d’abord étudié le piano jazz avant de se tourner vers l’univers de la bande dessinée où il a réalisé plusieurs albums parus aux éditions Carabas, Nekomix et Futuropolis. Il est également professeur à l’école de bande dessinée et d’illustration Jean Trubert.


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