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Bioéthique

 Dans quel monde veut-on vivre ? 


Par Philippe Judenne, lama Jean-Guy et Matthieu Ricard


Le 26 mai 2018, la fédération UBF (Union bouddhiste de France) a mobilisé des représentants des différentes traditions du bouddhisme lors de ces Assises pour débattre des questions posées par le CCNE (Comité consultatif national d’éthique). Une rencontre qui permettra de clarifier les fondamentaux qui peuvent nourrir l’éthique bouddhique et de rassembler les éléments de réponse des uns et des autres aux questions du CCNE. Voici quelques extraits vus et entendus au cours de cette journée.



Un paysage contrasté de par le monde 

En France, un individu ne peut faire commerce avec le don de son sang. Pourtant, plus du tiers des pays de la planète font appel à des donneurs rémunérés pour constituer un stock suffisant de sang pour le soin de leur population. Le suicide assisté ou mort volontaire assistée (MVA) est interdit en France et dans de nombreux pays. Il est pourtant autorisé en Suisse et en Belgique avec un encadrement différent pour ces deux pays. Les notions morales du « droit à l’enfant » et des « droits de l’enfant » convergent dans le contexte de l’adoption d’un enfant par un couple, mais  peuvent diverger et s’opposer dès lors que les couples sont homosexuels ou que le candidat à l’adoption est un parent isolé. D’autres notions morales s’opposent au droit à l’enfant hors adoption dès lors que sont évoquées l’insémination artificielle avec ou sans don de gamètes, la gestation pour autrui et le clonage reproductif – jusqu’à maintenant implicitement ou formellement interdit dans tous les pays. Comme le rappelle Jean-François Delfraissy, président du CCNE : « Ce qu’on appelle les valeurs universelles, les droits de l’homme, etc., les Chinois appellent cela des “histoires d’Occidentaux”(1). En Chine, il y a une science qui avance, il y a des ruptures vis-à-vis des grands principes qui prévalent chez nous. Par exemple, il y a actuellement plusieurs milliers de transplantations qui sont réalisées à partir d’organes de condamnés à mort en Chine », et le commerce de rein, de foie est un énorme business en Inde et dans ses pays limitrophes. Chose inconcevable en France.

Les différences de législations et de pratiques constatées dans le monde s’expliquent par des évolutions culturelles et morales propres à chaque nation et ce, quelle que soit la zone géogra- phique. C’est « autre temps, autres mœurs » : la culture évolue, les sciences biologiques avancent vite – on estime en effet que plus de 50 % des connaissances en biologie de la santé sont renouve- lées tous les quatre ans. Des innovations émergeantes proposent des développements majeurs dont le bien-fondé doit être inter- rogé. C’est ainsi qu’en France, le CCNE anime tous les 7 ou 8 ans un débat citoyen où la société civile et les religions s’expriment(2). Jean-François Delfraissy résume ainsi l’esprit de la consultation : « Comment arriver à percevoir tout l’enjeu des questions éthiques et à en faire discuter nos concitoyens ? – et répondre à cette question : Quel monde voulons-nous pour demain ?(3) »




Une tentative de définition de l’éthique bouddhique

La plupart des religions s’appuient sur un Dieu créateur qui a révélé son enseignement aux hommes par l’intermédiaire d’un ou plusieurs prophètes. L’éthique religieuse correspondante est alors souvent issue d’un ensemble de règles qui prônent l’abandon du mal et l’accomplissement du bien. Comme ces règles sont issues d’un Dieu absolu et créateur de l’univers, elles ont tendance à revêtir elles-mêmes un caractère absolu. 

Vénérable Dagpo Rimpotché © Kadam Tcheuling

Tel n’est pas le cas pour le bouddhisme, puisque le Bouddha, qui est considéré comme un humain ordinaire, ne se fait pas le messager d’un Dieu. Il se pose juste comme le témoin d’un parcours personnel. En délivrant son enseignement, il exhorte le pratiquant bouddhiste à ne pas le suivre parce qu’il est le Bouddha, l’Éveillé, mais à le mettre à l’épreuve de sa propre expérience, et de son propre discernement. 

Ainsi le pratiquant n’adopte pas les préceptes bouddhiques par fidélité au Bouddha, mais parce qu’il en aura compris les bienfaits fondamentaux pour lui-même et pour les autres. Le Bouddha était en quête d’une voie spirituelle qui mène tout être au-delà de toute forme d’insatisfaction et de souffrance. Ayant lui-même atteint cet état, il a pu témoigner de ce qui l’y avait mené. Le chemin de compréhension qu’il propose est connu sous le nom d’Octuple Sentier, c’est-à-dire un entraînement à accomplir de la manière la plus juste huit activités pouvant être regroupées en trois entraînements : l’entraînement à l’éthique, à la méditation et à la sagesse. Du fait que le but du chemin bouddhique est de se libérer de la souffrance, l’éthique bouddhique recommande naturellement de ne pas accomplir d’actes qui puissent nuire à soi, aux autres et au monde, et ce à court et à long terme ; mais au contraire, d’agir pour le bien d’autrui. 

Dans ce contexte, l’éthique bouddhique ne peut être dissociée de l’entraînement à la méditation et au discernement, dans la perspective de comprendre les causes de la souffrance, et de ce qui nous en libère. C’est-à-dire qu’elle s’appuie sur une compréhension des réalités apparentes et subtiles de son esprit, de celui des autres, et des lois qui gouvernent le monde. 

Ce ne sont donc pas un ensemble de règles à suivre, mais des lignes de conduite qui sont proposées. Au pratiquant d’y réfléchir à la lumière des enseignements. Ainsi, une compréhension de plus en plus fine de l’utilité de cette conduite naît-elle dans son esprit, et l’éthique naturelle s’épanouit alors, incarnée, contextuelle et mue par l’altruisme et la compassion.


Matthieu Ricard © Olivier Adam

Les éléments de réponse fournis par Matthieu Ricard

Matthieu Ricard, moine bouddhiste et en sa qualité de docteur en biologie, a eu l’occasion à maintes reprises d’approfondir les sujets de bioéthique, entre autres pendant les rencontres Mind & Life qui ont fait se rencontrer les experts du domaine avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Les échanges qui suivent ont été un des supports de réflexion lors des Assises de l’UBF en mai dernier.





- Reproduction, embryon et cellules souches -

Si le respect dû à l’embryon se pense principalement à partir de considérations philosophiques, religieuses, éthiques, la question des cellules souches est plus ardue, posant des problèmes relatifs à la commercialisation des cellules thérapeutiques et, plus généralement, des produits de la thérapie cellulaire ou de la bio-ingénierie cellulaire et tissulaire. Que penser alors des cellules-souches et du respect dû à l’embryon comme personne potentielle ?

Matthieu Ricard : Du point de vue du bouddhisme, le concept de « personne potentielle » se concrétise lorsque la fusion des gamètes mâles et femelles produit un œuf fécondé viable. Bien qu’il s’agisse là d’une étape déterminante, toute frontière biologique est fluctuante. D’un certain point de vue, on peut considérer que tout gamète, mâle ou femelle, est une personne potentielle, puisqu’en le réunissant avec un gamète du sexe complémentaire une personne peut venir à l’existence. Les techniques de clonage montrent aussi qu’une simple cellule a le potentiel d’engendrer une personne. Il est donc bien difficile d’émettre des opinions catégoriques et dogmatiques à ce sujet. Du point de vue de l’éthique, la manière la plus saine de juger des divers cas de figure est donc de prendre en compte la motivation et la finalité de l’utilisation – altruiste, instrumentale ou vénale.


- Manipulation de l’ADN -

Que penser des techniques de séquençage et d’ingénierie gé- nomique et des prémices d’une médecine prédictive quand des techniques comme celle du CRISPR/CAS9, popularisée sous le nom de ‘‘couteau suisse du génome’’ – une enzyme spécialisée permettant de couper la double hélice d’ADN – entraînent de nombreuses incertitudes quant aux manipulations du génome à des fins non thérapeutiques ?

L’insertion de nouveaux gènes dans l’ADN est un processus qui existe dans la nature (chez certaines bactéries notamment, l’insertion de gènes d’agents pathogènes permet par la suite à la bactérie et ses descendants de répondre efficacement à de futures attaques de ces mêmes agents). La correction, par la technique du CRISPR/Cas9 de gènes responsables de maladies dégénératives (maladies de Huntington et de Kennedy, dystrophie musculaire, etc.) a déjà donné des résultats très positifs chez des animaux. De même, un succès partiel a été obtenu pour guérir des embryons non viables affectés par la bêta-thalassémie. Cette technique pourrait donc soulager d’innombrables souffrances humaines.

En ce qui concerne des usages très contestables du point de vue éthique, toute forme d’eugénisme en particulier, il convient de se souvenir que contrairement aux maladies monogéniques citées ci-dessus (c’est-à-dire qui ne concernent qu’un seul gène, ou dans d’autres cas un nombre très limité de gènes), les traits que les eugénistes souhaiteraient améliorer ou sélectionner (la beauté et les performances physiques, l’intelligence, les traits de caractère, etc.) sont déterminés par un grand nombre de gènes, dont l’expression est par ailleurs souvent réglée par des phénomènes épigénétiques. Des traits tout à fait désirables comme l’intelligence ou l’altruisme comportent de très nombreuses composantes psychologiques et nous sommes très loin de pouvoir les analyser d’un point de vue génétique (ces traits impliquant de vastes constellations de gènes), sans parler même de pouvoir envisager une quelconque intervention dans ce domaine. 

Une autre question soulevée par de nombreux chercheurs est le fait que les insertions de gènes sont permanentes et que le génome ainsi modifié sera transmis de génération en génération, ce qui implique des risques non négligeables qu’une insertion se révèle néfaste à long terme. La situation pourrait alors échapper à tout contrôle. On peut penser que le bon sens triomphera dans ce domaine, comme cela a été le cas concernant le clonage humain, qui n’a pas été effectué jusqu’à ce jour.


- Dons et transplantations d’organes -

Que penser des dons et transplantations d’organes prélevés sur des personnes déclarées en mort cérébrale et qui sont principalement soumis à deux grands principes : l’anonymat du donneur et l’absence de toute transaction commerciale, sachant que parallèlement, des trafics d’organe existent à travers le monde ?

Le problème des trafics d’organes est extrêmement sérieux. Si on cherche « I want to sell my…. » sur Google en anglais, sans préciser l’objet de la recherche, la réponse « I want to sell my… kidney » vient en première ou deuxième position, ce qui indique l’ampleur du trafic. Au Népal et en Inde par exemple, des mafias vont dans les villages pour convaincre les villageois de vendre leur rein en leur affirmant qu’il repoussera par la suite. Ces villageois sont rémunérés entre 500 et 1000 euros (l’opération se fait en Inde) et le rein est revendu entre 30 000 et 60 000 euros.

L’augmentation des dons volontaires d’organes serait donc la meilleure manière de remédier aux souffrances engendrées par les trafics d’organes. Concernant ces dons, l’anonymat pourrait être un choix facultatif, dans la mesure où des amitiés inspirantes se sont souvent nouées entre donneurs et bénéficiaires, lorsque le donneur a accepté de se faire connaître. L’absence de toute transaction commerciale semble désirable, mais le donneur pourrait se voir offrir par le gouvernement un suivi gratuit et prioritaire de son état de santé pour le restant de ses jours.


« Le don d’organe est un acte foncièrement altruiste et éminemment utile. Les progrès médicaux améliorant les chances de succès des greffes, il faut sans doute encourager les dons d’organes, en prenant soin ici aussi de les encadrer pour éviter les abus et surtout ... les meurtres, licites comme illicites. » Dhagpo Rinpoché

- Données de santé et vie privée -

Que penser de la captation des données personnelles à des fins commerciales (offres commerciales de remèdes plus ou moins validés, d’assurances spécifiques pour des problèmes de santé individuels, etc.), qui devient une préoccupation majeure à l’heure de la société numérique ? Cette question est particuliè-rement prégnante dans le domaine médical et dans le domaine judiciaire (par exemple, lors de poursuites judiciaires pour erreur médicale). ?

La disponibilité croissante des données personnelles en général, et des données de santé en particulier, semble inéluctable. Leur usage, à des fins bienfaisantes pour les populations en général, ou pour l’individu en particulier, est souhaitable. Mais bien sûr, il existe le risque d’abus si l’usage en est confiné à des sociétés privées dont la finalité première est bien naturellement financière. Par conséquent, il appartient au législateur de mettre en place des garde-fous pour se prémunir de ces usages qui viseraient par exemple à discriminer négativement, dans le seul but d’améliorer les profits des entreprises.


- L’intelligence artificielle -

Que penser de l’intelligence artificielle et de la responsabilité des professionnels de santé vis-à-vis de leur utilisation ? En effet des ordinateurs surpuissants font tourner des algorithmes à des vitesses proches de celle de la lumière, ce qui permet d’établir des diagnostics en temps réel, sans risque pour le praticien de fatigue ou de parasitages émotionnels. Mais en cas d’erreur médicale fondée sur un diagnostic erroné (cela arrive), l’établissement des responsabilités est problématique.


Quelle que puisse être notre opinion à ce sujet, nous sommes déjà entrés dans l’ère du « big data » et les choses ne peuvent que s’accélérer. Sur le plan médical, dont le but et les fondements éthiques sont de sauver des vies et de rétablir la santé, il semblerait que cela soit plutôt une bonne chose. Une étude récente a montré que dans un ensemble de cas complexes de cancers, les algorithmes fournissaient le diagnostic correct dans 80 % des cas, alors que seulement 50 % des spécialistes avaient abouti à ce diagnostic. Ces algorithmes prennent en effet en compte des milliers de publications scientifiques et de statistiques cliniques, ce qu’un cerveau humain est malheureusement incapable de faire. L’expérience et l’intuition d’un médecin sont évidemment très précieuses, mais il semble donc que l’accès à la plus vaste quantité de données possibles augmente la probabilité de poser un diagnostic approprié.

En revanche, le « big data » ne pourra jamais remplacer la présence bienveillante et humaine d’un médecin ou d’un aide-soignant dont on sait qu’elle a une influence significative sur la condition mentale et physique des malades.


- Les neurosciences -

Que penser des neurosciences qui donnent accès à la connais- sance (progressive) des mécanismes de la pensée ? Alliées aux techniques d’imagerie, elles permettent de repérer les circuits neuronaux engagés dans des fonctions cognitives précises. Cela soulève notamment deux problèmes : une connaissance indivi- dualisée du fonctionnement cérébral qui permet ou permettra d’instrumentaliser les décisions personnelles. D’autre part, on peut craindre la catégorisation des personnes, particulièrement des jeunes enfants, en les déclarant prématurément et défini- tivement « à risque ».

Il convient de ne pas surévaluer les risques éthiques soulevés par le développement des moyens d’investigation du cerveau. Certes, différents types d’états mentaux – joie, tristesse, sentiment de gratification, empathie, compassion, peur, colère, etc. – ont des signatures spécifiques dans le cerveau et activent des réseaux d’aires cérébrales qui sont de mieux en mieux connus. De même, l’entraînement de l’esprit, par la méditation notamment, a montré que différents types de méditation – attention focalisée, amour altruiste, compassion, présence ouverte, etc. – ont des signatures spécifiques et modifient structurellement le cerveau à long terme. Mais, dans l’état actuel des connaissances, il est inconcevable de connaître le contenu précis de nos pensées et de nombreuses raisons laissent penser que, même si l’on pouvait connaître avec précision l’activité de nos 300 milliards de neurones, il resterait impossible de décrire, uniquement grâce à ces données, l’expérience vécue par une personne qui perçoit la couleur rouge, ou ressent de l’amour ou de la jalousie.

On peut aujourd’hui influencer certains états mentaux (la peur, la dépression, etc.) par hyperstimulation d’aires cérébrales spécifiques ou de manière invasive par l’implantation d’électrodes dans le cerveau (pratiquée notamment pour améliorer la condition de personnes souffrant d’épilepsie, de dépression grave ou de la maladie de Parkinson), mais ce sont là des techniques qui ne peuvent être appliquées qu’avec le consentement du sujet.


- La procréation (PMA &GPA) -

On recourt à la procréation médicalement assistée (PMA) à titre thérapeutique, par exemple à la suite de maladies des organes génitaux. Que penser aujourd’hui de la PMA dite de convenance, consistant par exemple à prélever des ovocytes au début de l’âge adulte et à les conserver en vue de procréer quelques années plus tard pour favoriser la vie professionnelle par exemple ? Convient-il d’ouvrir aux couples de même sexe l’accès à la PMA ?La légalisation de la gestation pour autrui (GPA) est demandée par des couples infertiles (génétiquement ou suite à des mala- dies) et des couples de même sexe, au titre de la revendication au droit de disposer de son corps. La grande majorité des GPA pratiquées dans le monde sont clandestines, les « mères por- teuses » étant des femmes en grande précarité économique.


L’éthique bouddhiste n’est pas une éthique du Bien et du Mal, considérés comme des valeurs absolues, mais du bien et du mal que nos actions engendrent en termes de souffrance et de bien-être. L’éthique bouddhiste ne repose pas sur des dogmes infrangibles, mais sur la prise en considération du bien-être d’autrui. Elle est donc incarnée, contextuelle tout en étant mue par l’altruisme et la compassion.

En ce qui concerne la PMA, selon les états généraux citoyens convoqués par le Comité d’éthique, elle semble être la question qui suscite le plus vif débat dans la population française (25 %). Il semble que ce soit une position dogmatique qui est en jeu, puisque, a priori, il n’y a pas de raison pour que l’utilisation de la PMA engendre des souffrances particulières si elle était autorisée pour tous. Le fait par exemple que, de manière générale, l’Église catholique ne soit pas favorable à la PMA – même pour des couples homme-femme mariés, arguant du fait qu’elle n’est pas « naturelle » –, relève davantage du dogme que de la science ou de l’éthique au sens où nous l’entendons. 


« En bouddhiste n’a pas de raison d’y être a priori défavorable, puisqu’il s’agit de donner la vie, et non de la retirer. Il est évident que cela suppose de définir des règles, mais ni plus ni moins que pour n’importe quelle naissance. » Dhagpo Rinpoché

D’un point de vue scientifique, le but de la fécondation est d’avoir une descendance et que ce but soit atteint lors d’un accouplement sexuel ou d’une autre manière ne change rien à ce but. De plus, le concept de « naturel » n’a guère de sens scientifiquement puisque tout ce qui se produit dans la Nature est par définition naturel, y compris ce qui résulte des activités humaines. La seule question qui semble devoir être examinée d’un point de vue éthique est celle du bien-être d’enfants élevés par des couples homosexuels. Cette question sera certainement étudiée par la psychologie sociale sur le long terme et les résultats de ces investigations pourraient donner lieu à un questionnement éthique si une différence significative de qualité de vie et de bien-être venait à être mise en évidence entre les enfants issus de couples hétérosexuels et homosexuels.

L’aspect dogmatique du débat sur la PMA semble par ailleurs être mis en évidence par le fait que, si 25 % des Français interrogés considèrent que c’est une question éthique majeure, seulement 15 % accordent la même importance à l’euthanasie, qui relève certainement de l’éthique altruiste, puisqu’une vie est en jeu.


« Il vaudrait donc mieux être réaliste et encadrer PMA et GPA pour protéger au mieux les différents partis, notamment les mères porteuses, mais sans a priori moralisateur. A priori, l’enfant étant (très) désiré, la probabilité est relativement grande qu’il soit bien traité, que ce soit par des parents hétérosexuels ou homosexuels. » Dhagpo Rinpoché

En ce qui concerne la GPA, du fait qu’il existe toujours un risque non négligeable pour la mère porteuse, l’éthique altruiste ne saurait approuver une telle pratique. Qui plus est, la probabilité que ce risque soit fatal augmente avec le nombre de grossesses de ces mères porteuses. En Inde, par exemple, certaines femmes ont été mères porteuses 5 ou 6 fois, afin de sortir de la pauvreté. La joie d’être parent ne saurait être obtenue au prix d’un risque sur la vie d’autrui. 


(1), (3) Propos de Jean-François Delfraissy recueillis par la rédaction de Valeurs Actuelles daté du 3 mars 2018.

(2) Les consultations des religions apportent leur contribution aux états généraux pour la révision de la loi de la bioéthique 2011 et 2013, qui se sont ouverts en janvier dernier et qui devraient se conclure à l’automne 2018.

(4) Sagesses Bouddhistes n°6, « L'Octuple Sentier, La Voie vers l' Éveil », p.14..


Cet article est paru dans Sagesses Bouddhistes n°7(Été 2018)



 









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